

Kate Moss par Mario Testino
On commence cette froide semaine avec Vanessa, tenancière du blog « Je ne me plains pas, je constate » et qui nous a fait une chronique complètement dans l’air du temps !
De l’hypocrisie du Nouvel An.
« Je ne sais pas vous, mais moi en ce moment, j’ai grave la pression » disais-je l’autre jour. Ce beau mois de décembre qui est censé apporter joie, félicité et amour fraternel dans nos petits cœurs refroidis par les aléas du vilain quotidien se transforme en véritable harcèlement moral. Le nervous breakdown est proche, les amis, le nervous breakdown est proche. Il est là, guettant sournoisement. Tu ne le vois pas mais lui te voit. Tu ne l’entends pas mais lui t’entend. Il t’entend penser « mais j’en sais rieeeeeen» en réponse à la question «tu offres quoi toi ? » ou sa réciproque « et tu voudrais que je t’offre quoi ? ». Quand tu te fais le décompte angoissé « J-10-argh-au-secours-m’en-sortirai-jamais», il le sent aussi, et tente d’en profiter pour faire fondre ton cerveau. Oui, le nervous breakdown est mesquin. Malheureusement, il n’a pas fini de guetter, attendant le moindre signe de faiblesse pour s’emparer de nous. Méfiance une fois le stress des achats dissipé, disons au hasard le 24 au soir vers 21h, quand après avoir vainement supplié une vendeuse de laisser son magasin ouvert en nocturne, vous déclarerez forfait et vous dirigerez d’un air las rejoindre les vôtres autour de la traditionnelle dinde, vous félicitant naïvement de votre ténacité et mettant mentalement à mort l’angoisse inhérente aux fêtes de fin d’années. Fourvoiement ! C’est précisément à cet instant que s’installera l’angoisse du Nouvel An.
Ah ben oui, tiens, quid de Nouvel An ? Je le dis tout haut, la fierté de porter un message fort et sans peur aucune des représailles : Nouvel An est la fête la plus fourbe de l’histoire de l’humanité. Non Lecteur, ne fais pas cette tête dubitative qui dit « je ne vois pas de quoi m’entretiens » car je sais que tu mens. Pour prouver mon assertion, tu as deux choses simples à faire: être honnête et mener une enquête de proximité.
Ce qui est formidable, c’est que les gens tiennent sensiblement tous le même discours triparti à ce sujet : oui Nouvel An ça saoule (notons le double sens de bon aloi), non je n’ai rien envie de faire, mais oui je ferai quelque chose.
Car si tu ne fais rien à Nouvel An, si tu as l’outrecuidance de refuser une soirée ou pire, si personne ne t’a invité nulle part, tu es relégué au rang d’asocial, de boulet, de mal-aimé, de rejeté, rayez la mention inutile. Et puisque naturellement personne ne veut être associé aux termes peu reluisant susmentionnés, décembre devient le mois de la Saint Sylvestroïte aigue, ce mois où au moins 5 personnes t’auront, à la manière d’un agent secret, vêtues d’un imper noir, parlant cachées derrière leurs mains et à voix basse, demandé « mais tu fais quoi, toi ? »
Personnellement, en fait, j’aurais juste envie de ne rien faire du tout. De passer ma soirée en compagnie de ma bouillotte, d’une couette, de quelques magazines et d’une série que j’apprécie. Sans avoir à participer à l’hypocrisie de circonstance qui exige que tout le monde soit de bonne humeur le 31 au soir. Et puis pour quoi, s’entendre souhaiter une bonne année ?
La blague ! Quand quelqu’un te souhaite « bonne année », il sait pertinemment que cette année, comme les autres, tu auras grosso modo :
- 18 fois envie de planter ton stylo dans ta jugulaire au travail.
- autant de fois envie de pleurer en voyant le dit travail s’accumuler et les journées ne pas rallonger.
- 5 fois envie de t’exiler au fin fond de l’Himalaya pour ne plus avoir à supporter les transports en commun.
- 7 fois envie d’égorger le chien du voisin qui se prend pour un loup-garou hurlant à la lune.
- 10 fois envie de tuer mère/sœur/conjoint/meilleur ami et assimilés.
- 4 fois ton banquier moyennement content au téléphone.
Et j’en passe. Alors oui, vraiment, Nouvel An ça saoule, j’aimerais le passer sous ma couette, téléphone éteint. Mais oui, je ferai quelque chose et cèderai par conséquent à la dictature de la Saint Sylvestroïte.
Aristote avait raison : je suis un animal social.
Retrouvez le blog « Je ne me plains pas, je constate » ICI
mmmmm excellent !
et tellement vrai
Je voudrais pas balancer mais je crois me souvenir que TOI AUSSI, ma chère V, tu as revêtu ton imper noir pour nous demander d’un air accusateur ce qu’on faisait pour le Nouvel An.
En ce qui me concerne, la réponse est toujours « rien pour le moment », I’m going to kill myself telle une exclue de la société.
De toute façon, aucun Nouvel An ne sera aussi glam que notre Nouvel An de Pues featuring Lapinou d’il y a deux ans. (Oui, je le clame haut et fort, OUI!!!)
@Jess : tu es de la team bouillotte ?
@Mathilde : I know what you did this new year’s eve !
[...] au problème du Nouvel An. D’ailleurs si tu veux lire ma prose à ce sujet, c’est sur Flavor que ça se [...]
[...] This post was mentioned on Twitter by Klervi, Clervie . Clervie said: http://www.flavor-magazine.com/2009/de-lhypocrisie-du-nouvel-an-par-vanessa-qui-ne-se-plaint-pas/ [...]
vraiment d’accord, le Nouvel An ça fait chier! surtout lorsque tous vos potes comptent (uniquement) sur vous pour organiser une soirée…
Moi j’ai déjà rien fait au premier l’an après avoir dit non à des soirées qui me gonflaient avec des gens qui non plus n’avaient pas envie d’y aller (mais qui y sont quand même allé) .
Je suis restée sur mon canap avec des magazines et Moulin Rouge en fond sonore.
C’était cool.
Et très bon aussi pour mon statut d’asociale que je cultive.