

L’Enfer, c’est l’histoire passionnante d’un film maudit, inachevé, et terriblement fascinant. 45 ans après son tournage cauchemardesque, le réalisateur Serge Bromberg réalise un documentaire sur ce mythe, nous laissant entrevoir pour la première fois des images emprisonnées dans des bobinnes jalousement conservées, pendant presque un demi siècle.
Si jamais vous hésitez entre This is it et 2012 devant l’entrée du cinéma, voici 4 raisons de choisir L’Enfer d’Henri Georges Clouzot, sorti mercredi.
1-La légende:
En 1964, le réalisateur Henri Georges Clouzot, dépressif, obsessionnel et insomniaque, se voit confier un budget illimité pour réaliser « l’Enfer », scénario sur lequel il travaille maladivement depuis la mort de Vera, sa femme. Clouzot voit grand: les rôles principaux sont confiés à Romy Schneider et à Serge Reggiani accompagnés par une équipe de 150 techniciens. Le tournage devient très vite infernal, avant d’être brutalement stoppé au bout de 3 semaines. Au final, plus de 5 millions de francs ont été dépensés. Le projet qui devait révolutionner le cinéma français ne verra jamais le jour, les images que l’on disait époustouflantes ne sont pas diffusées: pendant 45 ans, l’Enfer est entouré d’un mystère opaque.
En 2007, Serge Bromberg se retrouve coincé dans un acenseur avec la veuve du réalisateur: les deux heures de claustrophobie qu’ils vont vivre à deux vont la convaincre de mettre les 185 bobines conservées par Clouzot à la disposition de Bromberg.
2-L’histoire:
Marcel, propriétaire d’un petit hôtel de province, épouse Odette, de 20 ans sa cadette. L’Enfer relate la paranoia du quadragénaire, persuadé que son épouse le trompe avec des hommes comme avec des femmes. Soupçonnant tout le monde, le héros se retrouve en proie a des visions angoissantes qui viennent supplanter la réalité des faits. Les scènes de la vie réelle sont tournées en noir et blanc, avec le classicisme qui fait la réputation du réalisateur, tandis que les hallucinations de Marcel, en proie à une folie furieuse, sont ultra colorisées et déformées à grands renforts de jeux de lumière psychédéliques.
3-Le tournage:
En un mot, cauchemardesque. Perfectionniste à la limite de la maniaquerie, Clouzot entreprend de filmer le cerveau malade de son héros en utilisant des techniques révolutionnaires déformant les images et les sons. Il devient obsédé par l’idée de mettre la paranoia et la psychose en images. Insomniaque, tyrannique, le réalisateur passe ses nuits à réécrire un scénario toujours plus parfait, et n’hésite pas à reveiller toute son équipe pour remettre en cause la direction du tournage. Ce dernier devient vite fastidieux, éprouvant pour les techniciens, comme pour les acteurs. Reggiani, excédé, fini par quitter le tournage qui reprendra tant bien que mal jusqu’à ce que Clouzot ait une crise cardiaque, 3 semaines seulement après avoir filmé ses premiers plans. Lorsqu’il sort de l’hôpital, le projet maudit est définitivement annulé.
4-Et Romy dans tout ça?
Alors âgée de 25 ans, Romy Schneider vient d’accéder à la gloire internationale avec Sissi. Enfermée dans son personnage d’impératrice au grand coeur, elle cherche à tout prix à se détacher de l’image trop lisse qui lui colle à la peau.
Fascinée par le réalisateur, l’actrice lui fait une confiance aveugle et se prête à tous ses fantasmes. Il la peint en bleu, la couvre de paillettes, l’emballe dans du plastique et lui fait faire des trucs pas très catholiques avec un ressort. Au final, en dépit d’un contrat interdisant les scènes dénudées, Clouzot fini par l’attacher entièrement nue sur une voie ferrée.
tres bonne article, félicitation!!!
J’irai!