
Claire Danes et Zooey Deschanel
La chronique du lundi de la semaine est assurée par un garçon : Michael Atlan du bien nommé blog Fun, Culture & Pop !
Les petites-sœurs d’Angela Chase
Il n’y a eu que 19 épisodes en tout et pour tout. Arrêtée faute d’audience. Quand vous pensez que FRIENDS en compte près de 240, que X-FILES près de 200 et DAWSON près de 130, une série télé avec moins de 20 épisodes ne peut être qu’anecdotique dans le paysage pop de ces 20 dernières années. Ou Pas. Parce qu’il y a des séries qui n’ont pas besoin de durer pour marquer. Parce qu’il y a des séries qui n’ont pas besoin de beaucoup pour vous inonder le cœur de nostalgie.
C’est le cas d’ANGELA 15 ANS (version sans imagination du parfait titre original MY SO-CALLED LIFE), une série qui a marqué de son empreinte indélébile le cœur de millions d’adolescents dans le monde – et le mien en premier. En 1994, quand la série a débuté (1997 en France), j’avais tout juste 16 ans. Autant dire que j’étais dans le cœur de cible. Aujourd’hui, je suis un jeune trentenaire et comme d’autres, je me rappelle cette courte (mais intense) série comme le parfait portrait de mes jeunes années.
Replonger dans les tribulations d’Angela Chase, Rickie Vasquez, Rayanne Graff et Jordan Catalano, pour tous les garçons et filles (surtout filles quand même) de mon âge, c’est en effet se remémorer ces premiers béguins et (forcément…) ces premiers cœurs brisés, ces premières batailles rangées avec des parents qui refusent de nous laisser sortir, ces petits ragots qui rendent la vie au lycée plus facile (ou bien trop difficile suivant de quel côté on se trouve !) et tout un tas de petites choses autrefois si banales mais qui vous remplissent aujourd’hui le cœur de nostalgie – maintenant que vous devez trimer pour payer votre loyer et vos impôts…
Il n’y a pourtant rien de bien extraordinaire dans ANGELA 15 ANS – ce qui explique sûrement les mauvaises audiences mais qui plaît tant à postériori. Très loin des clichés et des machines à fantasme qui inondent la série teen de l’époque (BEVERLY HILLS pour ne citer que la plus emblématique), Angela (interprétée par une presque-débutante Claire Danes qui a alors le même âge que son personnage) est en effet l’incarnation parfaite de la jeunesse des années 90 : les illusions politiques de ses parents ne sont qu’un lointain bruit de fond à ses oreilles qui sont surtout bercées par le son de la télé. Avec ses chemises en flanelles portées autour de la taille, ses cheveux un peu gras et sa salopette trop grande, Angela est ainsi un archétype de la Génération X, sœur de BEAVIS & BUTT-HEAD, Parker Posey, Kevin Smith et Kurt Cobain. Elle est pas mal égocentrique, un peu apathique, mal fagotée, torturée sans raison, le tout dans un contexte « classe moyenne » qui parle au plus grand nombre.
Mais Angela a beau être un pur produit de son époque, elle dégage un certain charme intemporel, ce charme de la fille un peu différente, « en marge », bizarre : trop cool pour les nerds, trop ringarde pour les cools ! C’est ce qui la rend unique et à la fois tellement proche : on en connaît tous une ! C’est vrai qu’à l’aube du changement de millénaire, des filles comme Daria ou comme Joey Potter (DAWSON) avaient un peu pris le relais. Mais en 2009, à l’heure où la télé embrasse à plein poumon les garçons nerds (CHUCK, BIG BANG THEORY…) et les filles cool (BEVERLY HILLS new look, GOOSIP GIRL…), les filles « bizarres », filles d’Ally Sheedy dans BREAKFAST CLUB et petite-sœurs d’Angela Chase, ont presque toutes disparues du petit écran.
Sauf que…
Elles sont réapparues sur le grand. Ou devrais-je plutôt dire qu’elles se sont répandues sur le grand. Avec une frontière de plus en plus mince entre la bizarrerie naturelle du monde « indé » et celui plus carré d’Hollywood, les « weird girls » ont proliféré – pour mon plus grand bonheur – au cinéma.
Il y a bien sûr les personnages de Zooey Deschanel, la reine du genre (et accessoirement « amour de ma vie ») dont la folie douce, entre coolitude discrète et excentricité, a fait des miracles dans des films comme YES MAN, ELFE ou 500 DAYS OF SUMMER. Mais il y a aussi ceux d’Ellen Page, l’inévitable JUNO – dont le script est d’ailleurs rempli de références à sa « grande-sœur » Angela ! Mais vous avez aussi ceux de Kat Dennings, vue dans le fabuleux NICK & NORAH’S INFINITE PLAYLIST (UNE NUIT A NEW YORK), d’Emma Stone, la rouquine fofolle au tempérament de feu vue dans SUPERGRAVE, SUPERBLONDE et ZOMBIELAND. Et dans un genre un peu plus geek, il y a Charlyne Yi, jusqu’ici plus connue comme « la petite copine de Michael Cera » mais dont l’immense talent et la bonne bouille la conduiront sûrement bien plus loin (voir le film PAPER HEART et plein plein de vidéos sur YouTube).
Toutes partagent ce même sens de la folie, tout en revendiquant leur modernité, en étant plus drôles, plus simples et plus espiègles que leur aînée. Ces filles sont un peu des Angela 2.0. Mais elles conservent leur charme premier et primordial : elles sont différentes. Allons même jusqu’à dire qu’elles sont bizarres ! Et pour ça, Angela et ses petites-sœurs seront toujours les plus intéressantes. Pour ça aussi que c’est toujours d’elles que je tombe et tomberais amoureux…















Marie (16 novembre 2009) :
Heureuse de lire un garçon ici. Et de revoir les jolies joues de Claire Danes. Et ce roux !
Mathilde (17 novembre 2009) :
J’aime beaucoup cet article!
Même sans avoir suivi la série, je me sens toute nostalgique, alors qu’à l’époque j’étais plus dans la frange qui regardait « Beverly Hills » :p !
Cherry Lou (26 novembre 2009) :
Mes 15 ans n’oublieront jamais Angela. Ni Jordan d’ailleurs.