Illustration réalisée par Clément Chaussier
Tendance printanière oblige, la blogueuse The Cheeky Girl se penche pour nous sur le come back du sabot !
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Ok, maintenant il n’y a plus de doute, on l’a toutes compris, le sabot c’est tendance. Mais ça veut dire quoi tendance ? Qu’on DOIT le porter, qu’on serait cool si on en porte ou simplement que c’est importable et que celles qui s’y risquent sont genre, des héroïnes des temps modernes? Je sais pas si vous pouvez maintenant m’appeler Super Cheeky girl. Mais j’ai testé pour vous le sabot, et la réponse n’est pas celle que j’attendais…
9h : On est Samedi. Je me réveille avec cette douce sensation de légèreté que toute fille qui se respecte a déjà vécu une fois. Un achat, fait durant la semaine attend patiemment le week end ( comme moi) pour être inauguré. L’odeur du neuf qui émane de la boite à chaussures est limite plus agréable que celle des croissants chauds.
9h 30 : Je sors de la douche, excitée à l’idée de faire vivre mes précieux sabots Chanel. Un bras ils m’ont coûté les coco. A ce prix là, j’espère que la coolitude qui va émaner de moi (et de mes pieds) fera oublier que j’ai du me couper un membre pour me les offrir.
Faudrait que je les teste non ?
9h31 : l’odeur de la boite à chaussure c’est cool. Mais je mangerais bien des croissants moi? On va tester ma coolitude chez la boulangère tiens.
9h35 : J’enfile une combi nude, et un gilet fleuri. Je sens bon le printemps. Madame Guerinois n’a qu’à bien se tenir. Madame Guerinois c’est ma boulangère .
9h36 : Mes précieux aux pieds, je dévale les escaliers, confiante.
C’est drôlement confortable ces bêtes là. Des talons de 8, confortables dès la première inauguration? Je me méfie , ça doit cacher quelque chose.
9h 37 : En bas des escaliers, je tombe nez à nez avec ma concierge. D’habitude elle me lance un regard noir à cause du fait que je ne jette jamais mes poubelles à temps. Mais là, miracle, mon bonjour fleuri la pousse à entamer la conversation.
- Hé ben vous êtes bien élégante de bon matin mamzelle ! Et on a eu la même idée didonc ! me dit elle en agitant ses pieds devant moi.
Je rêve ou elle ose comparer mes précieux, à ses Crocs? Violettes les Crocs !
9h38 : Elle n’est pas consciente la pauvre. Donc je souris. Bonne journée madame ! ps : penser à glisser le Flavor dans la boite aux lettres de la concierge histoire de l’éduquer un peu.
9h39 : Je suis dans la rue. Mais quelle idée j’ai eu de m’acheter des chaussures pour les porter dans ce lieu ? Parce qu’on se le dise, la rue c’est ni le défilé Chanel, ni les bureaux de la rédaction d’un magazine de mode, ni la ferme biologique d’un producteur laitier de Normandie, à savoir les trois seuls endroits au monde où le port du sabot apparaît comme une évidence. Le test commence.
9h40 : Mais c’est quoi ce boucan ? Ok, en escarpins le cling cling des talons sur la dalle ca peut être limite sexy, mais là le DONG DONG des sabots beaucoup moins.
Malgré le bruit je reste confiante, parce que mon reflet avec ces pompes dans la vitrine de la boulangerie c’est juste top.
9h41 : Ding Ding. Je pousse la porte de la zone de test .Les trois quart des clients se tournent vers moi, puis vers mes précieux. Sceptiques les clients.
9h42 : Je me dandine jusqu’à la caisse. Bonjour madame Guerinois, deux croissants svp. Elle va me faire une remarque c’est sûr. Les boulangères, ça fait toujours une petite remarque. C’est décidé si c’est positif je passe la journée avec, sinon je m’en sers de bougie d’intérieur de mes précieux.
…
9h43 : Elle me tend les croissants, se penche de tout son poids sur son comptoir, observe , et … rien. Pas un mot.
9h45 : Si même la boulangère ne sait pas quoi dire en voyant une jeune fille de 20 ans porter des sabots en plein centre ville – et pourtant je l’ai habitué à mes test fashion madame Guerinois – c’est que vraiment personne ne peut comprendre ce phénomène.
9h47 : Si personne ne comprends, c’est que je suis in, ou que je suis ringarde?
9h50 : Elan de lucidité, je range les précieux dans leur boite et renifle leur bonne odeur de neuf une dernière fois. Le pire, c’est que je ne peux même pas les recycler en pantoufles d’intérieur, j’entends déjà la concierge me faire la remarque à cause du bruit que ça fait.
9h51 : C’est pas grave, il me reste les croissants.
10h05: Mes deux croissants + un café chaud, je débriefe . Mon premier test-fashion-boulangerie que je foire, c’est dur.
10h20 : Deuxième élan de lucidité. Je rêve où je viens de ranger ( définitivement) une paire de chaussures Chanel parce que ma boulangère ne m’a pas fait de remarque ?
10h22 : J’ai besoin d’une amie. Ni jalouse, ni ringarde, juste objective.
10h30 : – Allo Maria ? Madame Guerinois ne m’a PAS fait de remarque !
- Imane, faut que tu arrêtes de consulter cette boulangère.
…
Rendez vous au café en bas de chez Maria dans 1 heure.
10h40 : Maria, ne vend pas de pain elle. Elle n’en mange pas non plus d’ailleurs. Elle travaille comme journaliste culturelle. Et dire qu’elle s’y connaît en mode c’est un pléonasme. Le deuxième test sera sans appel.
10h43 : Je cours sortir les sabots de leur boite. Je vous jure qu’ils ont l’air de me sourire.
10H50 : Je suis en sous vêtements, avec mes sabots au pieds, j’suis canon. Dans un mois Lady gaga me pique l’idée.
10H54 : Après une chorégraphie sur Pokerface, triste constat je ne suis pas une Lady, encore moins Gaga. Donc en guise d’accessoires, j’enfile un slim noir, un tee shirt blanc , et mon gilet fleuri.
11h : Je ressemble à une page mode. La confiance remonte.
11h01 : Je descends mes escaliers. La concierge est toujours là. Ses Crocs violettes aussi.
11h02 : Je file rejoindre Maria.
11h03 : Je croise le regard d’un mec. Il me sourit. En voyant mes pieds il se met à rire. Abruti, j’devrais lui présenter ma concierge !
11h 05 : Mes pieds commencent à gonfler. Ne croyez pas ce que vous avez vu dans La petite maison dans la prairie. Marcher avec des sabots c’est déjà limite, alors courir l’air guillerette dans les champs c’est juste un mythe.
11h10 : Je souffre, du coup ma démarche a l’air beaucoup moins sexy. Ajouter y le DONG DONG que mes précieux font sur le trottoir…
11h20 : Maria est déjà assise à la terrasse du café. Maria c’est un peu mon Anna Wintour à moi. Si en voyant mes précieux, elle sourit c’est que j’ai perdu mon bras pour la bonne cause. Si elle sourit, puis se mord les lèvres, c’est qu’elle est heureuse de me voir, mais que les sabots c’est juste pas possible.
11h21 : Elle se tourne, croise mon regard, me fait un large sourire.
Ses yeux sondent ma tenue de haut en bas…
11h21 : (ne te mordille pas les lèvres, ne te mordille pas les lèvres, ne te mordilles pa les lèvres !)
11h22 : » Nan tu te les ai offerte ?! Il faut ABSOLUMENT que tu me prête ces sabots ! Ils sont magnifiques ! »
11h23 : La pression retombe, la confiance remonte.
Anna Wintour, qui vous demande de lui prêter vos chaussures. C’est sans appel comme réponse non ?
* ceci est une histoire totalement inventée pour les besoins du scénario.
Le blog de The Cheeky Girl, c’est ICI














Emma (26 avril 2010) :
je n’étais pas convaincue par les sabots… mais vu que tu as relevé le défi haut la main, why not?
Amel (26 avril 2010) :
Toujours pas convaincue, dans 6 mois la fashionsphère se demandera ce qu’il lui est passé par la tête !
CamilleM (26 avril 2010) :
J’adhère vraiment pas…
imane (27 avril 2010) :
Je n’adhère pas non plus aux sabots, ma petite chronique déguisée est une facon de dire que certaines pièces modes doivent rester sur les podiums et dans les rédactions . Mais que dans la rue, c’est pas toujours une bonne idée
imane
safiaa (29 avril 2010) :
J’adooore l’article d’Imane , j’adore son blog aussi !
Brûle (30 avril 2010) :
C’est toi le sabot/pute
marie (16 mai 2010) :
dis donc, c’est négatif tout ça! Perso, j’adore les sabots, j’en ai déjà 2 paires – des sabots style suédois en bois et une paire de sabots en bois à talon, trop belles!! Franchement, regardez ce site (http://www.zone-nordique.com) ça vous changera l’avis! Vive le mode des sabots 2010!